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 Pas d'autre maison... [PV Ally]

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MessageSujet: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Mer 15 Oct - 0:12

Depuis qu'il était arrivé en Angleterre, Valentine n'avait trouvé d'autres endroits où aller que ce triste coin de terre parsemé de tombes autant protestantes que celtiques, aux pierres massives et grisâtres qui s'élevaient hors des hautes herbes pour former de petits pâtés concentriques le long des allées. Les chemins gravillonnés sillonaient le long du cimetière d'Ellingway, menant quiconque le souhaitait aux devants de leurs proches et de leurs intimes à jamais disparus.

Il n'avait reçu guère de visite, mis à part cet homme et cette femme d'un certain âge -de pauvres vieux endimanchés ce fameux jours et vêtus si humblements pour ceux qui suivirent. La petite vieille faisait pitié à voir tant à chaque fois elle pleurait, étouffant ses sanglots dans un mouchoir déjà humide de larmes, saturé de sa trop grande tristesse alors qu'elle caressait pour terminer les vestiges d'une petite photo encrée à même la pierre tombale. Un petit garçon au visage flanqué d'un sourire pâle, encore trop indécis dans son vilain costume de mauvaise coupe et sous sa vilaine tignasse noire et lonque qui lui cachait une partie de ses yeux bruns.

Le reflet de cette image immortelle ramena péniblement ses bras contre lui pour mieux enlasser ses genoux. Il y laissa reposer son menton et fixa sans trop les regarder un bouquet de fleurs désormais fané. La vieille dame ne tarderait pas à venir les remplacer cela dit... Tiens ! C'est curieux ! Il pensait que les chrysantèmes tenaient bien plus qu'une saison, ne serait-ce que jusqu'aux prémices du printemps. Bah... qu'est-ce qu'il y connaissait en fleurs ? Sûrement moins qu'elle !

Sans pour autant accuser les chrysantèmes bien trop souvent mourrants, il fallait avouer que la pauvre vieille remettait les pieds dans le périmètre dès que l'occasion s'en présentait. Non pas qu'elle y prit un malin plaisir, ni que l'atmosphère y soit sereine et reposante (cela dépendait pour qui) mais elle donnait cette étrange impression de personne insatisfaite à la recherche de quelque chose. Un peu comme si elle avait perdu ses lunettes lors de son enterrement et qu'elle retourne chaque jour à ce damné cimetière pour voir si elle ne mettrait pas la main dessus quelques fois...

Elle s'arrêtait ainsi devant sa tombe et prenait son sempiternel mouchoir. Parfois elle n'avait qu'à le serrer pour que les larmes lui montent aux yeux et qu'elle réussisse à se contenir et, d'autres jours, c'est à peine s'il suffisait à enrayer ses flots de larmes.Tourmentée elle baragouinait quelques paroles juste avant de s'en retourner encore plus voûtée qu'un vieux chêne. Et au fond de lui, même s'il n'en comprenait pas souvent les raisons, Valentine se sentait le coeur lourd d'avoir à contempler spectacle aussi désarmant et douloureux.

C'était sa grand-mère tout de même. Il ne l'avait jamais connu mais sa mère veillait toujours à ce qu'il lui laisse un petit mot dès qu'elle lui écrivait une lettre. Ensuite celle-ci partait loin, très loin, au-delà de l'océan et atterrissait entre les mains de cette inconnue à laquelle il marquait à peine quelques mots d'une écriture bâton fragile et tremblottante... Et pourtant c'était lui qu'elle pleurait aujourd'hui. Et c'était à elle qu'il manquait désormais. Et comme elle regrettait de ne pas l'avoir connu avant ! Et comme elle s'en voulait de ne pas être venue en Amérique leur rendre visite ! Et comme elle cherchait à rattraper ces moments à jamais enfuis !... à jamais... et toute l'éternité pour y réfléchir...

Derrière ce rideaux de larmes égales à elles-mêmes chaque foutue journée, savait-elle que son "adorable petit Valentine" avait été roué de coups par son beau-père ? Devinait-elle comment cet indécrottable ivrogne terminait ses nuits lorsqu'il avait achevé de le tabasser ? Comprendrait-elle un jour à quel point c'était difficile de se lever chaque matin, des années durant, et de ne pas réussir à se regarder dans la glace ?

Toute fière et aimante de son défunt petit-fils, parviendrait-elle à affronter la vérité ? A accepter qu'il n'était pas là la belle idée qu'elle s'en faisait, à savoir : un jeune homme insouciant, fauché en pleine adolescence, petit lycéen sans autres histoires que celles des querelles dues à son âge ? Admettrait-elle que le fantôme qui l'observait désormais était l'image transfigurée d'un enfant de cinq ans oublié de sa famille outre-atlantique, rêvé ne serait-ce qu'une brève seconde et porté au rang des héros fautes de preuves pouvant démontrer le contraire ?

Oui. Décidemment, la pauvre femme se fourvoyait drôlement...
Et elle était sans doute loin de se douter que Valentine Bligh ne ressemblait pas du tout à ce qu'il y avait inscrit en épitaphe : "ci-gît Valentine Bligh, petit-fils tant aimé, neveu regretté". Mais mieux valait qu'ils gardent tous leurs illusions à son propos... Heureux celui qui vit dans un rêve, que celui qui s'en échappe brutalement.

"Je commence à faire de la poésie. Pourtant pas mon genre...".

Juché sur le rebord de sa pierre tombale, Valentine fit se balancer ses jambes d'avant en arrière. Sa grand-mère et son grand-père étaient venus le voir tôt ce matin et à présent le jour déclinait lentement. L'homme chargé de l'entretien des tombes et de leur joli petit coin de retraite finissait de passer le balais sur quelques feuilles mortes enlaidissant le paysage tandis qu'un autre s'empressait de refermer les grilles derrière les derniers visiteurs.
Les portes de fer claquèrent. Le jeune homme baissa pavillon, laissant couler ses yeux le long du marbre froid de la dalle renfermant à jamais son corps.

"Pourquoi ?, souffla-t-il en serrant le poing, pourquoi je suis ici ?

Pourquoi a-t-il fallu qu'on me rapatrie dans ce bled paumé ? Pourquoi je ne suis pas resté chez moi ?

Je n'ai rien à faire en Angleterre alors pourquoi ont-ils volé mon corps pour le transporter et l'enterrer là ?

Je hais ce pays ! Je hais cet endroit et toutes les personnes qui le composent !

Je hais tout le monde !".

Il inspira et expira un grand coup, respirant par bouffés, suffoquant presque tandis que les jointures de ses mains devenaient blanches comme le plâtre...
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Mer 15 Oct - 13:38

[n’oublie pas le contexte Wink C’est quel jour ?]

Un cœur battant à tout rompre, une main se resserrant sur son sac, la jeune fille se savait suivie. Elle avait accéléré, et lui aussi. Elle était fichue. Une impasse…Serrant les dents elle se retourna et vit celui qui allait la tuer. Elle se sentait perdue. Elle avait peur. Il avançait, un sourire narquois et cruel sur les lèvres. On ne pouvait apercevoir que ça : son sourire. Autrement, ses yeux étaient cachés par la capuche de son sweat. Il leva une main vers elle.

Ally ouvrit les yeux d’un coup, se releva si brusquement qu’elle en oublia la poutre au-dessus d’elle, et subit la désagréable sensation de l’avoir traversée. Elle était toujours dans l’église, ne s’étant pas encore décidée à hanter une maison. Elle aurait préféré trouver une maison abandonnée, mais il n’y en avait pas des masses dans le coin et ses recherches immobilières étaient assez proches du néant. Elle se leva, jeta un œil par la fenêtre. Le soir arrivait et elle était moins motivée qu’habituellement. Il n’y avait pas tant de violeurs que ça à Londres, et elle en avait terrorisés suffisamment pour passer une bonne partie de la nuit en paix.

Descendant prudemment les escaliers de pierre, elle écouta le prêtre idiot réciter un sermon idiot. Comme quoi après la mort, on arrivait de suite au ciel ou en enfer. Ally aurait bien aimé le voir dans sa situation et savoir s’il croyait toujours autant à ses convictions chrétiennes. Elle, elle ne croyait plus en rien. Enfin, plus en rien de ce auquel elle croyait auparavant. A présent, elle se demandait si les vampires, fées, loup-garou et autres créatures fantastiques existaient. Après tout, pourquoi les fantômes et pas eux ? Elle n’avait jamais su comment vérifier une telle source, ne se sentant pas le courage d’aller jusqu’en Roumanie juste pour vérifier que les vampires n’existent bien pas. Mine de rien, elle avait quand même du boulot ici. En plus, elle bossait bénévolement à l’église. Elle faisait bien attention à ce qu’aucun cierge ne s’éteigne, terrorisée à l’idée qu’un espoir puisse mourir étouffé en même temps que la flamme de la petite bougie. Elle entretenait également le cimetière, un jour par semaine, histoire d’enlever les mauvaises herbes sur les tombes de ses collègues et de jeter les fleurs fanées, parfois, même, de les remplacer. Mais la semaine précédente, elle n’avait pas pu y aller, débordée par d’autres activités plus…illégales. Elle continuait en effet à fouiller, fouiner dans les bureaux de la police, espérant y dénicher ce qu’elle voulait. Chaque jour qui passait la rendait plus amère tant ses recherches n’aboutissaient à rien. Elle était juste à côté de la lourde porte de bois, écouta une dernière fois le prêtre, et ouvrit la porte. Tous les gens présents tournèrent la tête, effrayés par ce « courant d’air ». Ally eut un sourire. Une fois de plus, elle avait eu ce réflexe idiot. Claquant la porte pour faire croire à la brutalité du vent, elle sortit et soupira une fois à l’extérieur. Chaque soir c’était pareil : elle se réveillait dans sa vie, perdue entre le monde des songes, des souvenirs cauchemardesques et celui tragique de la réalité. Elle marchait dans l’allée, et ses pieds ne faisaient aucun bruit en traînant dans les gravillons. Elle avait envie de pleurer sur son passé, car chaque infime détail de sa mort lui rappelait que tout était fini pour elle, qu’elle avait eu son temps et qu’à présent, elle n’avait plus rien à faire ici. Et pourtant…Elle était toujours là. A jouer les justicières une fois la nuit tombée sur Londres. Devait-elle terroriser tous les hommes du monde pour avoir la paix et faire enfin partie du grand Tout ? Elle arrivait près du cimetière, et entendit une voix rêche, sèche, pleine de regrets, et à la fois énervée, triste, et qui donnait envie de pleurer, qui parlait de poésie. Ally put apercevoir une silhouette assise sur une pierre tombale. Elle fronça les sourcils. Cette silhouette ressemblait fort à celle d’un homme, mais il y avait quelque chose d’étrange en elle. Il ne ressemblait pas aux chasseurs, collectionneurs ou humains habituels. Curieuse, elle s’avança prudemment et put entendre les dernières phrases qu’il prononça. Cela dit, il les avait presque criées, et ce n’aurait pas été très compliqué de les entendre, même de là où elle se trouvait quelques minutes auparavant. Elle l’entendit, l’écouta, et comprit. Il était mort. Il était enterré ici. Et il n’avait visiblement pas très envie d’être là. Ally le regarda, et eut un pincement au cœur. Le pauvre…On aurait presque dit un enfant. D’ailleurs, il avait tout d’un adolescent. Il n’avait rien à faire ici. Il devrait être encore vivant, à s’amuser avec des amis, une copine, faire ce que font les jeunes normaux, quoi. Elle posa la main sur celle du jeune homme, l’obligeant à desserrer le poing.

«Ce n’est parce que vous êtes mort que vous ne pouvez vous fatiguer les muscles ou vous faire mal.»

Elle avait toujours cette voix de fillette effrayée. Cette tonalité si douce, si triste, si amère. Contenant toute une vie…et toute une mort. Cette voix si particulière qui aurait pu servir de berceuse à l’enfant le plus braillard du monde. A elle toute seule, elle racontait une histoire. Ally avait les yeux rivés sur le jeune homme, et, pour une fois, ne semblait pas si effrayée que cela. Elle savait que les fantômes pouvaient se faire du mal entre eux, perdre de l’énergie, mais, franchement, il n’avait pas l’air très mauvais, et puis, allez savoir pourquoi, elle n’avait pas du tout envie de le laisser là tout seul à pleurer sur sa propre tombe. C’était le boulot des autres, ça. Elle lui offrit un sourire timide et triste

«C’est normal de haïr le monde entier. Il n’y a rien de plus banal. Mais vous ne devez jamais céder à cette haine. Ne jamais la laisser vous envahir. »

Autrement, il deviendrait un mauvais esprit, l’un de ceux qui ne jurent que par la vengeance et la rage. Ally, par peur et par courage, avait maîtrisé cette haine et l’avait transformé en arme. Elle n’était vraiment effrayante que lorsqu’elle était en face d’un agresseur. Et là…Elle laissait libre cours à sa rage. En faisant toutefois attention de ne tuer ou blesser grièvement personne. Contrairement aux préjugés, elle n’était pas un monstre.
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Jeu 16 Oct - 10:21

[Hj : Ahh oui !! Mille excuses !! C'est pas bien ça, grrrr...

Donc : mardi après-midi - dans le cimetière, haha - PV Ally].

Trop en colère pour seulement faire attention au monde qui l'entourait, Val' n'avait pas remarqué la présence d'une autre personne qui s'était approchée de lui à pas qu'il jugeait bien feutrés. Aux quelques mots que la jeune fille prononça, il crut avant toute chose avoir à faire à une enfant, si bien que les propos qu'elle lui tint lui semblèrent plus qu'étrangement censés dans la bouche d'une si petite fille. Lorsqu'il redressa la tête il put constater qu'il n'en était rien mais que le timbre de voix avait été aussi discret et doux que son approche. Valentine lui lança un regard des plus noirs :

"Ohh ça je le sais !".

Puis lui tourna le dos sans autre forme de procès.

"Je ne suis pas en colère, répliqua-t-il, et rien ne m'envahit. Et je suis quand même assez grand pour ne pas haïr le monde entier mais seulement un petit nombre de personnes".

Il lui jeta un regard de biais par-dessus son épaule et détacha son attention tout en levant les yeux au ciel. Sur un profond soupir il vint se repositionner en face d'elle, ses iris noires vissées dans les siennes avant de prononcer :

"J'aime pas l'Angleterre".

Un temps de pause puis un léger sourire.

"C'est moche, c'est venteux, il fait froid et c'est glauque. J'aime pas ce pays et j'aime pas les gens qui m'ont fait venir ici.
Mais comment aurais-je pu faire autrement ? -il descendit du rebord- J'ai voulu ME suivre dans la logique des choses ! Et maintenant je me retrouve à croupir au fond d'une boîte en chêne ! Hey !! Ca va là-dedans ? Pas trop chaud ??".

Il donna de féroce coups de pied dans le marbre et fut pris d'un bref frisson. Le visage baissé, des mèches noires pendant le long de ses tempes, Bligh s'efforça d'en coincer quelques unes derrière son oreille.

"J'suis pas blessé, gamine. J'suis juste un peu paumé mais j'ai l'habitude...".

Et il s'affala, dos à la pierre tombale, les genoux repliés pour supporter ses bras et son odieux petit sourire.

"Alors, mademoiselle ? Depuis combien de temps t'es morte ? Et pourquoi d'ailleurs ?".
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Jeu 16 Oct - 19:13

Ally ne tiqua pas, même lorsqu’il lui envoya un regard noir, qui, en d’autres circonstances, lui aurait fait monter les larmes aux yeux ou l’aurait fâchée. Là, elle le regardait simplement avec un léger sourire. Comme s’il pouvait lui dire ce qu’il voulait, que ça ne l’atteindrait jamais…Elle hocha la tête

« Alors, si vous le savez, pourquoi vous serrer ainsi les poings au point de vous blesser ? »

Oui, Ally peut être particulièrement agaçante quand elle le veut. Lorsqu’il lui tourna le dos comme pour bouder, elle dut retenir un éclat de rire, et un large sourire était à présent peint sur son visage enfantin. Elle pencha légèrement la tête, comme elle avait l’étrange et animale habitude de le faire, et répondit, sa voix trahissant son amusement :

« Alors vous êtes bien plus sage que vous ne le paraissez. »

Il se retourna, elle releva trèèès légèrement la tête, ce qui continuait à la faire ressembler à un chaton curieux. Il lui annonça qu’il n’aimait pas l’Angleterre. Elle allait répondre mais il enchaîna, expliquant mieux sa dernière phrase. Quand il se leva, elle eut un mouvement de recul. Un instinct. Un réflexe. Incontrôlable. Elle soupira. Si elle avait été plus maternelle, ou peut-être plus sociable, elle lui aurait sans doute saisi et frotté les épaules dans un geste compatissant. Mais elle resta figée, pétrifiée, outrée…

« Vous auriez du faire un testament. Empêcher les gens de vous voler votre pays et votre passé. Cela dit, je suis mal placée pour dire ça. Hmmpf…Et puis je suppose que vous n’aviez pas prévu de mourir si jeune ? »

Elle le regarda, se demandant un instant s’il allait pleurer. Mais non. Il se disait perdu ? Un éclat brilla soudain dans les yeux d’Ally. Elle connaissait trop bien ce sentiment pour ne pas compatir et participer à celui-ci. Il se rassit. Enfin plutôt se laissa tomber comme une grosse masse près de sa tombe, et lui posa ZE question. Elle haussa les épaules.

« Hmm…Deux ans, à quelques semaines près…Et parce que j’étais au mauvais endroit au mauvais moment. Les violeurs ne prévoient pas qui seront leur prochaine victime. Ils la traquent. C’est ça. Les hommes sont des animaux. »

Elle secoua la tête, puis les mains, gesticulant pour essayer de faire comprendre qu’elle était désolée.

« Enfin je veux dire…Pas TOUS les hommes, mais…enfin…ceux qui…font ça. »

Elle se prit les tempes entre les doigts et soupira.

« Oubliez-ça, ok ? Je suis parfois légèrement…euh…moi… »

Elle sourit, haussa à nouveau les épaules et s’agenouilla pour être à sa hauteur

« Quant au fait que vous m’appeliez « gamine », c’est assez mal choisi. Car, si j’en crois votre apparence, j’ai tout d’une aînée. Vous avez quoi ? Quinze, seize, dix-sept ans à tout casser ?............MAIS C’EST HORRIBLE !!! Comment êtes-vous mort ? Qui ? »

Qui. Qui avait pu oser faire ça. Tuer quelqu’un, c’est honteux. Tuer un gosse, c’est pire. Elle eut soudain elle-même des envies de meurtres et une bourrasque de vent incontrôlée passa à côté d’eux, soulevant au passage les cheveux des deux morts. Ally put enfin apercevoir les yeux sombres de son interlocuteur. Elle secoua la tête à nouveau, tenta de chasser sa haine du genre humain. Le vent se calma d’un coup. Ally aussi. Elle retrouva son apparence et sa voix de fillette angélique.

« Désolée. Bon, vous vous disiez perdu. Je peux peut-être vous aider ? En…Quelque chose ? »
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Ven 17 Oct - 11:58

« Hmm…Deux ans, à quelques semaines près…Et parce que j’étais au mauvais endroit au mauvais moment. Les violeurs ne prévoient pas qui seront leur prochaine victime. Ils la traquent. C’est ça. Les hommes sont des animaux. »

Puis la jeune fille se reprit, visiblement très mal à l'aise. Valentine ne put réprimer un sourire narquois.

« Enfin je veux dire…Pas TOUS les hommes, mais…enfin…ceux qui…font ça. »

Et d'éclater d'un grand rire, raisonnant dans sa gorge et emplissant la totalité du cimetière... jusqu'à faire s'envoler les vieilles corneilles présentes. L'homme chargé de l'entretien leva un instant la tête de ce qu'il était en train de faire... Hilare le jeune homme reporta son attention sur la jolie fantôme, les yeux pétillants de malice.

"Ca ! Tu crois pas si bien dire concernant les violeurs, miss !! Haha ! Ils frappent quand tu t'y attends pas et quand ça leur chante ! et c'est comme ça et pas autrement ! et t'as pas le choix !
J'crois que t'as très bien résumé la situation, hihi...".

Il renifla un instant et passa un revers de main sous son nez, la jaugeant d'un regard tout aussi polisson. Il haussa les épaules :

"Et t'inquiète pas ! Si t'as été abusée par un c**nard, t'as le droit de penser que les hommes en général sont tous des sal**ds. Je t'en voudrai pas d'être honnête, au contraire. C'est mal me connaître...
Après tout, t'exprimes là ta colère, nan ? Y a pas plus naturel".

Il lui lança un clin d'oeil et la laissa poursuivre, l'écoutant sans l'interrompre, la tête reposée contre sa propre pierre tombale et cet éternel sourire d'ange planté aux coins des lèvres. C'est vrai, il l'avait traitée de gamine mais, en cela, ce n'était en rien moqueur ni même irrespectueux. Ohh si... peut-être quand même un peu ! Pour ne pas se laisser démonter et ne pas se sentir inférieur il n'avait pas hésité à user de dédain et d'insolence afin de lui tenir tête. Le fait est que cette petite provocation avait marché puisqu'elle y réagissait, et de manière assez virulente de surcroît.

Les yeux brillants et espiègles, son visage rond et juvénile arrondi par son sourire de charmante tête à claques, Valentine s'octroya un léger rire nerveux lorsque la jeune demoiselle réalisa qu'il était foncièrement plus jeune qu'elle... Il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et ajouta sur un ton précieux et maniéré :

"J'aaaii... dix-sept ans ! Tout juste ! Dix-sept belles années ! mais j'ai parfois l'impression que même si l'on veut faire croire que l'on a quinze ou vingt ans on en paraît direct trente ou quarante.
Y a certaines personnes, miss, qui ont perdu leur jeunesse bien avant l'heure et ont été jetées dans la vie adulte bien malgré elles. C'est comme ça et j'ai vu des mecs à qui c'était arrivé...
Mais pour toi -il dressa un doigt sur elle- ça me semble pas être le cas... Tu fais bien ton âge, même si je sais pas quel âge tu as...".

Il se décolla alors de sa pierre tombale et la fixa droit dans les yeux, les mains plantés sur ses propres genoux.

"C'est pour ça, rajouta-t-il en véritable petit farfadet moqueur, que je disais que t'étais une gamine... Mais faut pas pour autant t'offenser. Je suis simplement... moi !".

Il se releva pour finir et poussa un profond soupir, rentrant les mains dans ses poches.

"Ce qui est triste c'est de comprendre que toi t'as pas voulu tout ça, et c'est moche. Du coup tu te gourres sur toute la ligne... D'ailleurs tu dois te sentir très seule pour penser que tout le monde est dans le même cas que toi. Mais apprends une chose, miss : y a les vérités et y a les illusions, et moi j'fais partie des illusions".

Il hocha la tête, amusé par la crédulité de la pauvre petite demoiselle qui devait bien se demander ce qu'elle fichait là à parler à un dingue pareil... enfin bon...
Il arrondit son bras et le passa par-dessus l'épaule de la jeune morte, s'y raccrochant comme un pantin désarticulé. Plantant ses grands yeux noirs dans les siens, il continua d'une voix fiévreuse :

"Si je te dis ça c'est parce que bahh... tout enfant que j'étais, j'ai même pas été la victime d'une tierce personne pour arriver à ce que je suis maintenant.
Aussi écoeurant que cela puisse paraître : c'est moi qui suis mon propre meurtrier".

Il lui lança un sourire perfide et contenté, se délectant avidemment de la situation :

"J'me suis... foutu en l'air ! J'ai dit "adieu et merci" à la vie et je suis parti. Et le plus poilant c'est que je l'ai fait sans remord...
Et tu veux savoir comment je m'y suis pris, hein ?".

Il se détâcha d'elle brusquement pour sautiller à pieds joints, dansant tout autour d'elle :

"J'étais défoncé jusqu'à l'os, bourré ras la g*eule, b*isé et reb*isé et j'ai sauté !! Sauté de la corniche du quatrième étage d'un immeuble !
Et j'me suis explosé la tronche juste en contre bas !".

"Spppppppppppprrrrrrrrrrrrttttttttttttt !!!!", fit-il en élargissant bien les mains pour mimer son corps se répendant en chair à pâté sur le sol.

"J'étais pas beau à voir... Mais j'suis po mieux maintenant !".

Il passa ses deux mains dans ses cheveux de jais, traçant de larges sillons qui dégagèrent un visage tout en rondeur et, par la même, terriblement féminin. Un dernier sourire, innocence violée, et il lui tendit la main.

"Tout ce que je fais j'l'assume, minette ! Et t'as ma parole : tant qu'il y a pas d'entourloupes je te laisserai tranquille, parce que je suis pas un mauvais mec ! Mais plutôt une belle sal*pe, hein ?
Tu as dit que tu voulais m'aider, hein ? Je veux bien que tu le fasses car j'aimerais comprendre ce que c'est que d'être ici, dans ce monde et ce que je peux y faire.
Car je sais que si je suis là et pas ailleurs c'est pour une bonne raison...
La mort n'est pas une fin -il tapota sa tempe- tâche de cogiter".

"Allez ! Lança-t-il la main toujours tendue, j'vais pas te mordre, je touche pas aux filles !
Ah ouais... hmmm...
-moment de réflexion, langue coincée à la commissure de ses lèvres-.
Valentine Bligh, pour te servir. Et te méprends pas ! J'ai rien à voir avec le capitaine du Bounty !
Et qui sait ? Peut-être que, moi aussi, je pourrais t'aider !".

"J'en suis même sûr...".
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Ven 17 Oct - 17:33

L’éclat de rire, le rire incontrôlable qu’il avait eu, avait rendu à Ally sa nature principale. Méfiante. Méfiante et peureuse. Elle ne le regardait plus comme au début, avec ce côté « collègue », compatissant, « je sais ce que c’est » …Non. A présent, c’était bien de la peur qu’on pouvait lire dans son regard. Oh ! Pour un inconnu normal, ce devait paraître étrange. Quant à Valentine, il s’en contenterait sûrement, ravi de son petit effet. Et pour quiconque connaît un petit peu Ally, il n’aurait même pas vu la différence avec d’habitude. Instinctivement, elle avait fait un pas de recul. Non, elle ne le considérait pas comme fou. Non, elle ne pensait pas qu’il était du genre à avoir de mauvaises intentions. Elle avait peur, c’est tout. Lorsque les yeux pétillants du garçon se reposèrent sur elle, elle garda un visage impassible, malgré la peur qu’un être un petit peu physionomiste aurait pu voir apparaître dans ses pupilles. Il renifla et se passa la main sous le nez, déclenchant une grimace à Ally. Ca, c’est sûr, il avait tout d’un enfant mal élevé, grossier et impoli. Un petit rebelle. Elle leva les yeux au ciel intérieurement, ne laissant rien paraître de son examen. Il la provoquait, elle le savait. Et elle était si susceptible et impulsive qu’elle avait intérêt à se maîtriser si elle ne voulait pas se laisser prendre à son petit jeu.

« Selon moi il y a beaucoup plus naturel que la colère. »

Rien de plus. Et elle ne comptait pas expliquer. Allons bon, elle recommençait à jouer les énigmatiques ? Elle avait pourtant arrêté depuis sa rencontre avec Jasper, où elle avait rencontré plus énigmatique qu’elle, ce qui l’avait beaucoup surprise et amusée.

En parlant d’amusement, le jeune homme semblait se délecter de la réaction d’Ally qui songeait à présent qu’elle était vraiment trop impulsive, et que c’était exactement ce qu’il attendait. Il partit dans un délire sur l’âge et l’apparence, et Ally baissa les yeux. Presque immédiatement. Oui…Elle cachait décidément bien son jeu. Elle eut un sourire triste, pour elle-même, qu’il ne comprendrait sans doute pas, mais qu’importait ? Ainsi, on n’avait pas l’impression qu’elle était devenue adulte avant l’âge ? Tant mieux. Pour elle, c’était bien pire que ça. Elle n’avait jamais eu d’enfance à cause de son père. Elle ouvrit la bouche, la referma, hésita une fraction de seconde et soupira.

« Une vingtaine d’années…J’ai...une vingtaine d’années. »

Difficile d’être précise. L’âge s’arrêtait-il au jour de sa mort ? Dans ce cas 23 ans. Pile poil. Être tuée le jour de son anniversaire, ça a quand même un certain charme, non ? Il se mit en position de « farfadet », la regardant plus moqueur que jamais, et elle haussa un sourcil. Elle s’apprêta à répondre. Renonça. Ca ne servait à rien, et elle savait très bien qu’il avait raison puisque c’était lui le provocateur. Elle haussa simplement les épaules. Il mit les mains dans les poches, se déclara illusion. Elle fronça les sourcils. Il ne s’en rendait pas compte, mais il était en train de la mettre dans une fureur noire. Trop occupé à blablater, il ne la voyait le regarder avec une méfiance très appuyée. Il passa le bras autour de ses épaules et ne remarqua pas le regard noir qu’elle avait. Qu’allait-il à présent lui annoncer ?

Ah. Ainsi c’était ça. Un suicide. Les poings d’Ally s’étaient resserrés sur son pantalon, et son regard restait, figé, frigide, fixé sur la pierre tombale. Droit devant. Pour éviter de tuer le mort. Visiblement, il s’amusait beaucoup. Et s’il s’amusait à la provoquer et devinait sa colère, il ne se rendait certainement pas compte qu’il l’avait mise dans une telle rage qu’elle aurait été véritablement capable de lui enfoncer son poing dans le nez. Et de ne pas le regretter. Il sautilla, dansa autour d’elle, alors que le regard glacial d’Ally continuait de fixer la tombe. Il mima sa mort, même si Ally n’en avait pas besoin pour s’imaginer la scène. Il n’était pas beau à voir écrasé, elle s’imaginait, oui…Et pas mieux maintenant ?

« Non…Ca c’est sûr. »

Mais, elle, ne parlait pas physiquement. Pour elle, il était l’être le plus moche de l’intérieur que l’on peut trouver après le genre de co****ds qui l’avaient blessée. Il avait osé se tuer. Si jeune. Et les fleurs sur la tombe étaient fraîches, ce qui prouvait que quelqu’un venait pleurer sur ce corps qu’était le sien. La voix d’Ally, pourtant toujours enfantine, était devenue glaciale. Il s’amusait beaucoup. Tant mieux pour lui. Lorsqu’il lui tendit la main, elle le fixa de son regard glacial. Plaisantait-il ?

« Si vous le dites. »

Peut-être n’était-il pas « un mauvais mec ». N’empêche qu’il avait réussi à la mettre sacrément en rogne, qu’il avait tout fait pour, et qu’il s’en amusait. Elle avait vraiment envie de lui mettre des claques, mais c’était contre-nature. Elle hocha la tête pour acquiescer. Ainsi elle le guiderait pour ses premiers pas de mort. Même si elle ne pouvait pas l’aider à trouver le but de sa présence ici, elle pourrait éviter qu’il devienne un mauvais esprit, et tâcher de le protéger des collectionneurs. Même s’il jouait les petits provocateurs pédants, elle ne donnait pas cher de son enveloppe spectrale s’il était amené à être en face d’un collectionneur comme Wade ou Betty. Elle leva à nouveau un sourcil, tandis qu’il continuait à tendre la main, attendant visiblement qu’elle la serre.

« Je n’ai pas peur d’être « mordue », espèce de petit monstre, la seule chose ici qui me fasse peur c’est l’idée que je me fais de l’intérieur de votre boîte crânienne ! »

Elle continuait de le vouvoyer, ce qui renforçait le contraste entre eux deux. Mais elle s’était visiblement légèrement calmée, bien qu’elle soit toujours en colère après lui. La façon dont elle avait dit « petit monstre » était presque affectueuse, ce qui montrait qu’elle acceptait volontiers de jouer les professeurs

« Mouais…Je vois pas en quoi vous pourriez m’aider, si ce n’est à horripiler mes ennemis. »

La voix n'était pas méchante, légèrement amusée. Provocatrice, peut-être un peu. Une réponse aux provocations qu'il lui vait faites auparavant. Et en même temps : la réalité. Elle avait appris à se débrouiller seule ces deux dernières années, malgré des évènements étranges du genre téléportations involontaires. Oh, elle s’estimait heureuse, jamais aucun chasseur ou collectionneur ne l’avait malmenée ou n’avait cherché à l’attraper. Mais tout de même. Elle finit par saisir la main et la serrer brièvement. Elle détestait tout contact physique, et, à vrai dire, même toute conversation à moins d’un mètre de distance. La solitude avait renforcé ce côté laissez-moi-tranquille-et-dégagez qu’elle avait depuis la naissance. Ses mains retournèrent bien vite dans son dos, car elle se positionnait souvent ainsi, renforçant son allure de poupon.

« Enfin…Je me permets quand même une remarque : vous êtes une sorte de hmm…comment dire…gros blaireau. Il y avait sur cette terre des gens qui vous aimaient, et plutôt que de fuir ceux qui vous ennuyaient et aller les retrouver, vous avez choisi la voie de la facilité ? Je pense que je ne vous comprendrai jamais… »

Evidemment. Il avait fallu qu’elle ouvre sa bouche. Encore. Enfin, comme il avait déjà deviné qu’elle avait été tuée, il ne pouvait pas encore se douter qu’elle, personne ne la regrettait. Et qu’elle aurait aimé avoir des gens pour venir la voir et parler à sa tombe, la fleurir. Au lieu de ça, son corps avait été brûlé et déposé allez savoir où. Nul ne la regrettait. Et Valentine était sans doute loin de se douter qu’Ally l’enviait énormément et aurait donné cher pour être à sa place. Elle soupira tristement

« Laissez tomber… »
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Dim 19 Oct - 11:54

Bras croisés, sourire en coin, il l'observait sans mots dire. Il n'était pas dans les habitudes de Valentine d'interrompre les gens quand ceux-ci parlaient. Ils n'avaient pas été élevé chez les porcs, excusez-nous (XD). Ainsi la laissa-t-elle parler tout son saoul jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus car, bien qu'insolemment immature, il n'en demeurait pas moins perspicace et comprenait ainsi très bien qu'elle était en train de se foutre simplement en rogne. Et une belle rogne qui plus est ! Il pouvait presque sentir son souffle chaud lui fouetter le visage.

"J'ai pas demandé à ce que vous me jugiez, lâcha-t-il tout de suite après son "laissez tomber" (ça non ! il ne laisserait pas tomber), vous savez, je faisais que vous expliquez ma vie c'est tout ! après, si vous êtes pas d'accord, j'ai pas demandé à ce que vous veniez me voir...".

Pour le coup il avait été un peu froissé. Se confier à une inconnue qu'il croyait pourtant douce et compatissante pour se rendre compte ensuite qu'il n'en était rien. Dure était la chute, mince ! Il avait été honnête et elle le traitait de "blaireau" ?! Où allait le monde vraiment ? Et où étaient ceux tous près à vous écouter avec attention et à vous aider lorsque vous vous sentez seuls ? Certainement pas ici, pas dans ce pays... Nul part ailleurs en somme !

Valentine Bligh se renfrogna, resserra davantage ses bras contre lui et s'appuya contre sa pierre tombale sans la quitter des yeux. Elle n'aimait guère ses manières, il n'appréciait pas les siennes à son égard ! Ainsi les choses seraient posées et il était dommage, en bons fantômes qu'ils étaient, d'en arriver à pareilles circonstances...
Très bien ! Elle voulait des raisons valables à sa peine, s'apitoyer sur son sort ? Elle les aurait !

Il continua d'une voix tuée, monocorde :

"Je sais ce que c'est que d'être violé, et d'en être conscient. J'crois bien que j'ai souhaité des centaines de fois d'être tué pendant qu'il le faisait... mais t'es pas passée par où je suis passé alors tu pourras pas me comprendre à un moment donné ! vu que la couleur du ciel de ton univers est toujours rose !".

Il eut un léger ricanement puis continua, ses yeux pétillant d'une certaine malice, à mettre mal à l'aise comme si le reflet de ces crimes morbides empreignait encore son visage.

"Non, tu sais pas c'que c'est que de subir les mêmes peurs, les mêmes pressions et les mêmes outrages tous les jours. De rentrer de l'école et de te dire qu'il va falloir prendre sur toi et te taire car tu es au menu du soir ! D'attendre pendant ces interminables minutes en souhaitant plus que tout être ailleurs ! De prier pour que la dernière gifle qu'il te donne mette réellement fin à ton calvaire sur Terre !

Tu sais pas ce que c'est que d'être voué à revivre ça encore, et encore, et encore... J'arrivais presque à croire que j'étais sur Terre pour ça.
Et le pire de tout, mademoiselle, c'est qu'il n'y aura rien pour te changer... Même pas les attentions des personnes qui ont juré t'aider... même pas tes bonnes résolutions... Tu apprendras que certaines choses ne s'effaçent pas".

Il jeta son regard ailleurs.

"Tu dois certainement en vouloir à ton agresseur et tu as dû souhaiter sa mort. La vengeance nous étreint toujours lorsque l'on est opprimé. Mais dis-toi qu'elle sert à rien et que si tu as déjà eu envie de buter ce sale type, ce p*tain de monstre ça ne te rendra jamais ta vie d'avant, ne te ressuscitera pas et ne soulagera pas tes proches...".

Il eut un léger gloussement et respira un grand coup -ses yeux vifs de bambin s'accrochant à la silhouette de la jeune défunte.

"Non, je me gourre. Ca te soulagera et tu seras contente, oui, contente qu'il paye enfin ! mais ça te mène pas bien loin de n'être QUE contente et ça effacera jamais ce que tu as vécu, au contraire ! Ca ne le rendra que plus fort encore".

Ses lèvres s'effilèrent en un long rictus.

"Crois-moi je sais de quoi je parle. L'homme qui m'a fait moi a été coffré et j'ai enfin été sauvé de ses griffes... Ca m'a rendu heureux mais ça n'a rien changé ! Le mal venait d'être fait et rien ne pouvait être réparé...
Y a pas de justice. Y a pas de rédemption. Y a juste toi et ce que tu as subi. Tu me comprends, miss ?".

"On ne retourne pas en arrière", murmura-t-il. Puis il se leva et se dirigea vers elle, doucement, prenant bien garde à ne pas la froisser davantage et à ne pas la brusquer plus qu'elle ne l'était déjà pour finir par se planter face à elle, son nez à quelques centimètres du sien. Si la jeune fille était grande elle aurait ainsi pu remarquer que Val ne la dépassait que de quelques centimètres... le gabari idéal pour assouvir certaines soifs écoeurantes.

"Alors, à l'avenir, évite de me juger au premier coup d'oeil. Je ne sais pas ce qui t'est arrivé alors je dis rien... tu sais pas non plus ce que j'ai enduré alors garde le silence.
Ces petits vieux je savais même pas qu'ils faisaient partie de ma famille avant... et si j'avais encore eu quelqu'un à chérir, j'aurais sûrement tout donné pour faire en sorte qu'il m'aime un peu plus encore. -il eut à nouveau un sourire, il ne cessait de sourire d'ailleurs, c'était comme mécanique... même trop automatisé- Mais je regrette rien vu ce que je suis devenu et tu devrais faire de même !

Regarde un peu ! Nous sommes sur le toit du monde ! Peu importe ce que les croyances religieuses ou païennes nous donnent comme qualification mais nous avons passé la ligne et nous sommes toujours là. Anges ? Démons ? Fantômes ? Apparitions ? Esprits ? Je m'en fous et une chose est sûre : je suis Valentine Bligh et on me redonne une deuxième chance ici et maintenant.

Tu peux faire ce que tu veux, miss. Mais j'ai pas besoin d'être consolé ni même d'être rassuré ! J'ai juste besoin d'explications à ce que je suis et à ce que ce monde est... le reste je trouverai tout seul !".

Il déposa ses mains frêles sur ses épaules.

"Je te laisse le libre choix : m'apprécier ou me détester mais pour de bonnes raisons seulement. Maintenant je te demande que cette chose-là : m'apprendre.
Après tu pourras faire ce que tu veux... Tu peux bien m'accorder cinq minutes de ton temps, non ?".

Il réhaussa les sourcils sur une mine attentive, les lèvres pincées dont le rouge était la seule véritable couleur de ce visage de porcelaine. En y regardant bien tout semblait fragile chez lui ; de ses mains de poupon à ses traits de poupée en passant par ses grands yeux en amendes. Mais ceux-ci demeuraient encore bien trop étranges, griffures sur ce portrait angélique et doux.
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Dim 19 Oct - 12:44

Et oui, il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Pourtant, n’importe qui connaissant Ally à qui il aurait raconté sa réaction aurait été surpris. Ally ne s’énerve pas. C’est contre sa nature. Mais comment osait-il lui parler ainsi ? Comment pouvait-il oser lui décrire ce qu’elle-même avait subi en lui hurlant qu’elle ne savait pas ce que c’était ? Le regard qu’elle releva était noir, glacial, et les larmes qui coulaient sur ses joues trahissaient son passé. Elle le cachait. Elle ne voulait pas le hurler au monde entier, elle en avait bien trop honte. Mais il était allé trop loin. Elle s’avança, lui pointa son index sous le nez, et, de la voix la plus froide et emplie de tristesse que l’on puisse imaginer, elle grogna entre ses dents serrées. Le secret de sa vie allait être dévoilé. Tous les efforts pour dissimuler ces douloureux souvenirs n’auraient finalement servi à rien.

« QUE SAIS-TU DE MA VIE ? Comment peux-tu te permettre d’affirmer des choses que tu ne sais pas ? Que crois-tu ? Que si je suis comme je suis aujourd’hui, c’est à cause de la bêtise d’un seul homme ? Alors tu es bien naïf. Je suis devenue « adulte »vers mes quatre ans, pauvre abruti, et jusqu’à ma majorité, j’ai subi les mêmes horreurs que toi, chaque soir, sans avoir personne chez qui me réfugier, personne chez qui aller me cacher, ou contre qui pleurer un bon coup. Chaque soir j’ai déversé des litres de sang, et, hurlait ma souffrance en silence, lorsque l’eau de mon bain devenait de la même couleur que l’intérieur de mon corps. Pour lui, ce n’était qu’un jeu. Ma mère est morte bien trop tôt pour me connaître, et je n’avais aucun ami. J’étais trop timide. Trop torturée pour oser m’approcher et qu’on voit que j’expirais la luxure. Mais vois-tu, je ne suis jamais allée jusqu’au suicide. Je ne croyais ni ne crois à l’enfer, et ce n’est pas pour une quelconque raison chrétienne que je ne l’ai pas fait. C’est parce que j’étais trop faible et suffisamment forte pour ne pas le faire. Se tuer, c’est la solution de facilité. Je voulais plus. Et j’ai été tuée trop tôt. Mais de quoi te plains-tu ? Tu as été abusé, violé, souillé, meurtri. J’ai été abusée, violée, souillée, tuée. Et si des gens viennent encore pleurer sur ton corps, que tu aurais préféré voir ailleurs qu’ici, estimes-toi heureux ! Même si tu ne les connais pas ! Mon cadavre a été brûlé car nul ne voulait avoir le devoir de venir, ne serait-ce qu’une fois tous les dix ans, regarder la tombe d’une enfant muette, seule et mystérieuse qui ne leur a jamais inspiré que de la méfiance. Je ne sais même pas où je me trouve. Qui sait ? Si ça se trouve je suis quelque part en France, en Espagne, pourquoi pas au fond de la mer. Oui, je regrette ma mort parce que mon père est toujours en liberté et qu’il se fiche de ma mort. Je voudrais pouvoir lui passer mes cauchemars. Que, chaque nuit, il se voit déchiré de l’intérieur, tué, sanglant. Alors, crois ce que tu veux. Peut-être que jamais je ne te comprendrai. Mais n’affirmes jamais quelque chose que tu ne sais pas. »

Les larmes coulaient en abondance sur ses joues et elle ne cherchait plus à les retenir. Elle semblait au bord de l’explosion. Elle secoua la main.

« Je ne veux pas tuer mon agresseur. Je veux que la police le trouve et l’arrête. Je n’ai pas envie de vengeance. Je n’ai pas envie que d’autres personnes subissent le même sort que moi. Mais je ne pourrai jamais empêcher les pères tordus d’agresser leurs enfants. Et je le regrette. »

Elle le fixa intensément, d’un regard plus du tout effrayé, mais plutôt effrayant.

« Si tu me laisses le choix, alors je te déteste. Et la seule raison que j’ai, c’est que tu es un peu trop bavard et que tu remets sur moi les mêmes fautes que tu commets. »

Elle s’éloigna légèrement, revenant à sa place de départ, elle essuya machinalement l’une de ses joues, et, toujours sourcils froncés, reprit.

« Mais je t’apprendrai. »

Elle, elle n’avait pas eu d’enseignant fantôme. Elle avait été jetée dans sa mort, et, seule, avait du apprendre tout ce qu’elle avait appris. Elle s’était retrouvée face à des collectionneurs compatissants, et des chasseurs compréhensifs. Elle avait eu de la chance. Elle se retourna, tournant le dos à Valentine.

« Mais ne rêves pas ! Il n’y a pas de seconde chance. On n’en avait qu’une, et on l’a loupée. Ca, c’est notre punition. Et tu peux essayer de me faire croire ce que tu veux, mais dans l’état où tu es, si tu n’as pas besoin d’être rassuré, c’est que tu as un gros problème. »

Elle croisa les bras, les larmes refusant de s’arrêter de couler. C’était comme s’il avait pris un couteau, et avait poignardé à plusieurs reprises le cœur déjà brisé d’Ally.

« Le premier conseil que je peux te donner est de rester loin de ceux qui peuvent te voir. Qu’ils soient chasseurs ou collectionneurs, ils sont contre le fait que tu existes. Et ils désirent t’effacer de leur réalité. »

Elle secoua légèrement la tête. Elle était passée naturellement au « tu » à cause de sa grosse colère, et s’en voulait un peu. Mais il l’avait suffisamment cherchée et blessée pour qu’elle explose. Elle essuya à nouveau une joue, toujours dos au garçon

« Oh. Une autre chose. Tu es à présent le seul à connaître mon douloureux passé. Alors je te demande de n’en parler à personne. Ni de mort, ni de vivant. Je ne tiens pas à ce qu’on soit au courant. Le moment n’est pas venu. Quant à moi, je resterai silencieuse sur ce que tu as bien voulu me confier de ta vie. Même si tu t’en fichais, ce n’est pas à moi d’aller ragoter. »

Elle se retourna. Ses sourcils n’étaient plus froncés et toute colère avait disparue de son visage. Seule demeurait la tristesse immense dans laquelle il l’avait plongée.

« Et sache que je ne détesterai jamais. C’est impossible, selon moi, de détester une des rares personnes capables de comprendre ce que vous avez vécu. Je n’irai sans doute pas jusqu’à t’apprécier mais je te fais confiance et c’est là le principal. Mais je te serais reconnaissante de ne plus jamais me parler de ma vie ou de la tienne à moins que ce ne soit vraiment important. Comme tu dis, on ne retourne pas en arrière. Et je ne veux plus rien savoir de mon passé. »

Elle le regardait et avait l’impression de voir un miroir masculinisant. Il n’était pas beaucoup plus grand qu’elle, et leurs airs d’enfant à qui on n’avait pas accordé une enfance les trahissaient dans leur mystérieux silence. Seuls leurs regards étaient différents. Celui de Valentine était clair et on y ressentait la souffrance qu’il avait endurée, tout en y lisant le soulagement de la mort. Le sien était sombre, et empreint d’une tristesse et d’un regret infini. Elle souffla, bien que respirer n’était pas l’occupation principale des fantômes.

« Je te demanderai d’être prudent et méfiant. Je n’aimerai pas avoir à aller te chercher chez un collectionneur crapuleux qui te ferait subir bien pire que tout ce que tu as pu subir jusqu’à présent. »

Mais dans cette phrase, elle était catégorique : jamais il n’était question de l’abandonner aux mains d’un ennemi. Elle était responsable de lui à présent, et qu’il n’imagine même pas qu’elle le laisserait lorsqu’il serait dans les ennuis jusqu’au cou.

« Si les violeurs sont des traqueurs, des sortes d’animaux, les collectionneurs sont pareils, mais en plus, leur seule occupation est le pouvoir. Et plus ils ont de secondes vies humaines entre leurs mains, plus ils sont puissants. Alors, s’il te plaît, sois prudent. »
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Dim 19 Oct - 19:02

Elles arrivaient comme des gifles en plein visage...

"... QUE SAIS-TU DE MA VIE ? Comment peux-tu te permettre d’affirmer des choses que tu ne sais pas ? Que crois-tu ? Que si je suis comme je suis aujourd’hui, c’est à cause de la bêtise d’un seul homme ? ..."

Comme les rafales du vent , implaccables et tranchantes...

"... Chaque soir j’ai déversé des litres de sang, et, hurlait ma souffrance en silence, lorsque l’eau de mon bain devenait de la même couleur que l’intérieur de mon corps. Pour lui, ce n’était qu’un jeu. ..."

Comme la pluie choque les fenêtres d'un logis...

"... Mais de quoi te plains-tu ? Tu as été abusé, violé, souillé, meurtri. J’ai été abusée, violée, souillée, tuée. ..."

Voix hurlante qui appelle à l'aide en pleine tempête...

"... Mon cadavre a été brûlé car nul ne voulait avoir le devoir de venir, ne serait-ce qu’une fois tous les dix ans, regarder la tombe d’une enfant muette, seule et mystérieuse qui ne leur a jamais inspiré que de la méfiance. Je ne sais même pas où je me trouve. Qui sait ? Si ça se trouve je suis quelque part en France, en Espagne, pourquoi pas au fond de la mer. Oui, je regrette ma mort parce que mon père est toujours en liberté et qu’il se fiche de ma mort. Je voudrais pouvoir lui passer mes cauchemars. Que, chaque nuit, il se voit déchiré de l’intérieur, tué, sanglant. ..."

Echo qui se répercute sur les parois d'une grotte...

"... Alors ...

... Crois ce que tu veux..."

*Nous sommes pareils, songea-t-il au même instant, abasourdi, pareils.

Elle pleure une vie qu'elle ne comprend pas, qu'elle ne méritait pas. Elle ressent un grand vide à présent que tout espoir est évanoui alors qu'elle avait encore une chance, avant, de faire quelque chose pour son devenir...
Le sort l'a rattrapé ! La vie n'a pas fait de quartier ! Et maintenant elle ère tout comme moi, possédée par ses souvenirs...
Elle est brisée. Mais j'y comprends rien ! Comment peut-on aimer vivre après un truc pareil ? Comment souhaiter rester de ce monde alors qu'on sait pertinemment être né dans la fange et qu'on ne peut pas en sortir ?*.

Les épaules du jeune homme s'étaient peu à peu affaissés tandis qu'il observait la jeune femme fulminer de colère et hurler de chagrin. Son visage fin, taillé au couteau, ruisselait des larmes de ses lamentations. Elle se reprit bien vite, en effaça un d'un revers de main et ajouta qu'elle lui apprendrait. elle venait de rassembler ses forces et désormais son tourment ne se lisait plus que par une allure glaciale et un visage aussi froid que le marbre. Et pourtant elle ne parvenait pas à épancher ses larmes. Elles coulaient comme des rigoles le longs de ses paupières pour terminer au coin de ses joues.
La jeune répliqua séchement au sujet de leur "deuxième chance". Pour elle, elle n'y croyait pas. Elle n'existait pas sinon dans l'imagination de Valentine et elle pensait qu'il devait être sérieusement atteint pour prétendre n'avoir pas besoin d'être consolé. C'était un peu vrai... comment distinguer le vrai du faux quand on se sent soi-même abattu, isolé et égaré dans un pays que l'on ne connait pas ? Il n'avait plus ses repères et son quotidient d'autrefois, étrangement, lui manquait encore un peu malgré qu'il considérât cette "nouvelle situation" comme la plus belle des opportunités.

Enfin, elle crut bon de s'attarder sur le sujet qui intéressait de loin le jeune défunt. elle lui expliqua ce qu'était un chasseur puis un collectionneur et insista particulièrement sur cette dernière catégorie de personnes apparemment redoutables et sanguinaires. ainsi, même dans la Mort, l'on pouvait se trouver persécuté par autrui... Et le Repos Eternel dans ce cas, hmm ?
ca sentait le vécu et c'était d'autant plus troublant. Val eut un petit pincement au coeur et ne put s'empêcher de baisser les yeux lorsqu'elle fit cette comparaison concernant les criminels et ces espèces de chercheurs d'âmes ignobles... Malgré tout, s'il se sentait penaud à cet instant précis, c'était surtout d'avoir haussé le ton face à elle et de l'avoir faite pleurer. Il n'aimait pas être la cause de souffrances car, s'il faisait du tort, il risquait de décevoir et d'être ainsi rejeté. Et ce n'est pas ce qu'il souhaitait, non, pas là, pas maintenant !

La jeune fille se voulut plus conciliante. Elle lui répéta d'être très attentif car elle ne voulait pas aller le chercher chez un de ces monstres, ni même qui lui arrive quelque chose de grave. Enfin elle fit en sorte, sans le savoir, que le coeur de Bligh se sente plus léger en annonçant qu'elle ne le méprisait pas... du moins entendait-il par là qu'elle ne lui en voulait pas. Pas beaucoup ? Oui, un petit peu encore...
Les mains derrière le dos, tout timide, le nez baissé sur ses chaussures, Valentine se cachait bravement derrière un sourire contrit et cherchant le bon moment pour enfin intervenir. Ce qu'il avait en tête était encore confus mais une seule idée se désignait clairement dans son esprit : consoler cette fille et s'excuser. Bah oui ! c'était pas un mauvais gars quand même ! et l'on disait souvent qu'il avait une sensibilité toute autre par rapport aux autres garçons... trop grande fragilité...

D'un pas hasardeux, et les yeux toujours rivés au sol comme un enfant battu, il s'approcha à nouveau de la défunte. Une brise se leva, faisant danser ses cheveux de jais et lui infligeant un douloureux frisson. Il continua cependant...

"Je te demande pardon...", murmura-t-il d'une toute petite voix. Et ses lèvres se serrèrent et il tendit la main, frolant son bras du droit dans un geste maladroit. Il le retira aussitôt comme s'il s'était brûlé et de crainte de l'avoir encore choquée.

"Je suis qu'un imbécile. Je parle de choses horribles et je t'accuse d'être sans-coeur vis-à-vis de mon... de ça. J'en parlerai plus ni à toi, ni à quiconque. Tu peux me faire confiance".

Sa nuque se redressa et il laissa ses grands yeux sombres s'attardés sur le visage d'Ally. Affecté et peiné il était si mal à l'aise qu'il ne savait même plus sur quel pied danser, hasardant un geste, une parole pour se reprendre sur l'immédiat.
Finalement il prit une brève inspiration puis ferma les yeux, laissant ses mains, ses bras, son corps le conduire. Il enserra la jeune femme et s'efforça de montrer que son étreinte n'avait rien d'une domination et qu'il ne la forcerait pas à rester dans ses bras. Il cherchait juste à lui faire aller sa peine, oublier ses maux et qu'ils puissent tous deux trouver refuge dans cette confiance l'un en l'autre.

"Est-ce qu'on peut pleurer ensemble ?", murmura-t-il à son oreille comme une prière...

Il papillonna des paupières. Sa vision commençait à se troubler.
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Dim 19 Oct - 20:44

Ally, toujours fulminante, avait regardé Valentine s’approcher doucement, comme un enfant pris en flagrant délit de grosse bêtise, et, qui, innocemment, venait s’excuser. Sincèrement. Il lui demanda pardon et Ally, tendue des pieds à la tête, se sentit prise de remords. Elle l’avait sans doute un peu choqué par sa réaction excessive. Elle s’en voulait un peu. Même si, d’un côté, c’était aussi de sa faute à lui. Il lui frôla le bras, mais enleva rapidement sa main, et elle eut un sourire triste. Non, il ne l’avait pas choquée par ce geste. Elle sourit malgré ses larmes, hochant la tête.

« Tu n’es pas un imbécile. Tu parles juste trop vite. Et ne t’inquiète pas, je suis pire encore. »

Elle rit tristement, haussa les épaules, posant une main sur son épaule à lui, même si ce geste ne semblait pas très naturel de la part d’Ally, il était sincère. Elle se sentait un peu rassurée qu’il veuille être pardonné. Elle tapota l’épaule, eut un regard désolé

« Je te demande pardon en retour, alors. »

Puis, après une pause d’une seconde :

« Je te l’ai dit : je te fais confiance. »

Il releva les yeux, des yeux plus enfantins que jamais, et elle se sentit idiote de s’être emportée. Elle l’avait blessé en retour. Il avait l’air mal à l’aise, nerveux. Un peu comme Ally en règle générale. Finalement, il l’enserra, et elle écarquilla les yeux, ne s’attendant pas du tout à cette réaction. Elle leva un index, s’apprêta à dire une phrase destinée à le faire reculer, se ravisa. Elle hésita une seconde, puis lui rendit son accolade, enlaçant le corps fragile du garçon, dans un geste à la fois réconfortant, mal à l’aise et sûr. Et elle se sentait un peu consolée, comme si une peine s’était envolée et qu’un morceau de son cœur brûlé avait ouvert un œil et fait « euh, non, je suis toujours là… ». Elle s’était blottie contre lui, et comme il faisait presque la même taille, avait posé la tête sur son épaule, de sorte que quand il lui demanda s’ils pouvaient pleurer ensemble, elle entendit distinctement sa prière. Elle souriait. Deux mots totalement antinomiques. Pleurer. Solitude, regrets, tristesse, amertume, mélancolie. Elle souriait. Ensemble. Amitié, confiance, amusement, joies et rires. Ca paraissait absurde. Mais avait tellement de sens. Elle souriait. Les larmes coulaient toujours. Elle murmura en retour.

« Bien sûr. »

Elle venait de se trouver un élève, un ami, presque un frère. Quelqu’un qui la comprenait pour avoir subi les mêmes horreurs, mais qui aurait choisi une autre des nombreuses décisions de la vie. Et ça lui allait parfaitement.
N’importe quel humain capable de voir les fantômes passant dans le coin aurait été surpris. En effet, il est rare, voire improbable, d’apercevoir deux spectres, enlacés et en pleurs au milieu d’un cimetière. La scène aurait presque pu être comique.
Après un long moment de pleurs, Ally releva les yeux, constatant qu’elle avait laissé des larmes sur le haut de Valentine. Oups. Néanmoins, elle sentait également celles du garçon dans son cou à elle, ce qui fait qu’il ne pouvait pas lui reprocher ceci. Elle regarda autour d’elle, puis prit conscience d’une nouvelle absurdité.

« Ca fait combien de jours que tu es ici ? Tu n’es quand même pas resté dans le cimetière depuis ton arrivée en Angleterre ?! "

Sa voix était toujours tremblotante et l’on sentait qu’elle avait pleuré. Néanmoins cela lui paraissait important. S’il était resté ici tout ce temps, il avait du s’ennuyer ferme. En plus, ce n’est pas le meilleur endroit pour méditer. Il fallait décidément qu’elle se trouve une maison à hanter, et obliger son élève à se joindre à elle, car il n’était pas question de le laisser ici. Rêvez !
Désormais elle veillerait sur lui jusqu’à ce qu’il devienne suffisamment fort pour s’énerver quand elle lui donne un conseil. Quoi qu’elle en dise, elle finirait bien par l’apprécier : elle le considérait déjà comme celui-sur-qui-elle-doit-veiller. Et, en bonne protectrice qu’elle était, ne faillirait pas à sa mission. Elle finit par se détacher de lui, un peu mal à l’aise tout de même.

« Ah. Au fait. Je m’appelle Ally. »

Et oui, depuis tout le temps qu’ils discutaient, elle ne s’était toujours pas présentée. Elle aimait bien son prénom, à force. Dans son enfance, lorsqu’elle l’entendait, c’était signe que son père avait quelque chose à lui « demander ». Mais depuis sa mort, elle ne cachait pas son identité. Elle s’appelait Ally Spring, elle était morte. Betty avait fouillé son cadavre et l’avait jeté parce que c’était son travail. Les autres le connaissaient, et souvent, le connaissaient avant qu’elle ne se présente. Elle était morte, elle était incroyable étant vivante et on la connaissait parce qu’elle était morte. Triste. Ironie de la vie, que voulez-vous ? Elle se contentait pourtant de cette situation.
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Lun 20 Oct - 10:40

Valentine renifla une dernière fois et se détacha d'elle au moment où elle se défit de ses bras. Elle lui demanda combien de temps il était resté en Angleterre puis ensuite lui avoua s'appeler Ally. Le jeune défunt sourit en toute innocence, éclat de lumière sur un visage pourtant baigné de larmes. Il acquiesça d'un bref signe de tête et ajouta :

"Ally. C'est très joli, Ally".

Ses yeux étaient encore mouillés de pluie et ses paupières étaient rouges et bouffies -ontraste absolu avec le blanc ivoire de sa peau, couleur sanguine qui rehaussait une nuance de vert dans ses iris. Il renifla, porte sa main à son nez et essuya grossièrement ce qui pouvait en couler, passant par la même à ses joues dont il s'empressa de sécher les larmes.

"Je... je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici. J'en ai perdu la notion, j'crois. Enfin j'suis pas resté dans ce cimetière tout le temps, juste un peu au début. Puis j'me suis baladé dans Londres... C'est un chouette coin...".

Il rentra ses mains dans ses poches et murmura d'une voix sombre :

"Y a d'la misère comme partout, des sans-abris comme partout, des prostituées comme partout et des dingues comme partout... Puis derrière y a ce beau quartier qu'est Notting Hill, cette superbe horloge qu'est Big Ben et cette promenade agréable et douce qu'est le bord de la Tamise. -il sourit comme par nostalgie- Quand les lumières des maisons et des ponts se reflètent sur l'eau, c'est beau. J'avais encore jamais vu ça !".

Puis, brusquement, le ciel craqua -sans doute trop lourd en nuages- et il se mit à tomber des milliers de fines particules blanches qui commençèrent à recouvrir le sol et les tombes environnantes, gêlant l'herbe sous leurs pieds. Elles s'accrochèrent aux cheveux sombres de Valentine puis à ceux, tout aussi foncés, de la jeune femme. La neige descendait à présent en gros flocons. Il leva les yeux vers le ciel et son visage fut empreint d'un sourire :

"Waaaaaww... c'poétique tout ça ! Et le cimetière est encore plus sinistre comme ça ! Même si ça parait peu probable...".

Il descendit de sa tombe à pieds joints et se retourna vers Ally, souriant toujours comme si l'innocence de ces plus jeunes années ne l'avait pas quitté. Ses iris pétillaient d'assurance, presque d'effronterie et il lui tendit une main afin qu'elle veuille bien le suivre.

"On va partir et se trouver un coin plus agréable qu'ici".

Et comme un doute persistait en son esprit il ne put réprimer ses craintes. Son visage perdit son expression enjouée pour n'en devenir que plus sérieux, presque plus froid.

"Tant que je serai à tes côtés, je te protégerai. Personne ne te fera le moindre mal...".

Et ses doigts glacés de froler sa main, plongeant ses pupilles sombres et déterminées dans les siennes.

"Tu comprends, Ally ? Désormais tu es une grande soeur pour moi, et je veillerai sur toi comme un frère doit le faire. Tu pourras toujours me faire confiance à moi, j'te l'jure !
La trahison est la pire des choses...".

"Alors ? S'enquit-il plus inquiet, tu veux bien me suivre et t'abriter avec moi ?".
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MessageSujet: Re: Pas d'autre maison... [PV Ally]   Lun 20 Oct - 20:15

Ally eut un sursaut. Ally. Un joli prénom. C’était rare qu’on lui fasse la remarque. En vérité, elle n’était même pas sûre qu’on le lui ai dit un jour. Ca faisait plaisir ! Elle eut un sourire joyeux au milieu de ses larmes qui commençaient à sécher légèrement avec le vent.



« C’est gentil, merci »



Elle le regarda s’essuyer le nez et elle eut la vague impression d’être en compagnie d’un petit garçon qui se serait blessé. Elle passa un bras autour de ses épaules et eut un sourire.

Elle lui appuya affectueusement sur le nez quand il déclara que Londres était un chouette coin



« Je croyais que tu détestais l’Angleterre. Ok, j’arrête de t’embêter. Quant à la notion du temps, tu finiras par la retrouver. Il y aura des heures précises où tu auras une mission précise à accomplir. Personnellement, je sors toutes les nuits jouer les justicières. »



Elle le regarda et secoua la tête.



« Mais j’ai mis un an avant de me décider à le faire. J’ai commencé par m’entraîner. Oh, oui, car je ne sais pas si tu es au courant, mais quand on est dans notre état, on a certains pouvoirs. Bon, je t’avoue qu’on ne les contrôle pas tout de suite, tout de suite, mais on finit par les maîtriser. »



Il lui fit un portrait sombre de Londres, et elle hocha tristement la tête. Elle était au courant qu’il y avait tout ça. Quand il passa au côté poétique de la ville, elle hocha à nouveau la tête. C’est sûr, c’était une jolie ville, surtout en période de fêtes.



« Oui, ça a un côté…magique. »



La neige, comme pour ajouter au vrai de la phrase d’Ally, se mit à tomber, et elle regarda ça avec une sorte de mélancolie jalouse, néanmoins dissimulée sous un sourire impassible. Elle regarda autour d’elle. Les fleurs décorant les tombes gelaient, et les pierres se recouvraient de blanc. Le blanc. La lumière, la pureté. Noël. Valentine était beaucoup plus enthousiaste qu’Ally, et son côté joyeux petit garçon fit rire Ally. Il lui tendit une main qu’elle saisit. La température des deux mains était identique. Celle, glaciale, de la mort. Ca allait parfaitement à Ally, qui n’ avait ainsi pas besoin de reculer en faisant « iiih ! T’as la main gelée ! ». Il lui déclara qu’ils allaient se trouver un endroit plus agréable. Ally regarda à nouveau autour d’elle. La sombre église. Le cimetière sordide. Le ciel gris. En effet, il y avait mieux !



« Je te suis ! »



Puis il lui fit part de ses doutes, un visage froid et sérieux. Une promesse. D’amitié, de fraternité, de protection. Elle eut un léger sourire.



« Tu ne trouves pas ça un peu étrange ? Tu es le plus jeune, le moins expérimenté. Et c’est à toi de me protéger… »



Elle eut un gloussement nerveux, qui rappelait légèrement les sanglots qui l’avaient secouée auparavant, tout en maintenant le regard sérieux de Valentine. Ainsi c’était fait. Ils étaient officiellement frère et sœur de san…Euh non, ils n’en avaient plus. Disons frère et sœur de souvenirs. De passé. De vie. Allez savoir. Tout ce qui comptait, c’est qu’ils se savaient proches, et qu’ils s’étaient fait une promesse de confiance.



« Alors tu es un petit frère et je t’apprendrai comme une sœur apprend à son frère, et te protègerai en retour, aussi bien que je pourrai le faire. Je te fais confiance (répéta-t-elle encore), et je ne trahirai pas non plus. Et tu peux me croire également, je te donne ma parole. »



Elle avait de nouvelles larmes aux yeux, mais renifla, souffla calmement et réussit à les empêcher de couler. Elle serra doucement sa main.



« Bien sûr. Où voudrais-tu aller ? »



Ils sortirent du cimetière, passèrent devant la sombre église, et continuèrent sur le chemin. La jeune morte parla encore un peu, décrivit quelques uns des lieux où ils pourraient aller. Elle se tut. Ally eut un sourire en regardant l’église. L’une de ses phobies n’avait plus lieu d’être. La solitude. Mais une nouvelle venait de s’installer. Perdre son petit monstre de « frère ». Qu’il soit capturé. Renvoyé. Bref, la peur de la solitude.



FIN DU TOPIC
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Pas d'autre maison... [PV Ally]
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